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L'ambiance autour de la Grande Mosquée

A peine le soleil avait commencé à illuminer la sainte ville de TOUBA que les alentours de la mosquée renouèrent avec l'affluence habituelle, à pareils moments. Décidément, ce monument dont la vue inspire davantage à la crainte révérencielle envers Dieu, tout comme il force l'admiration de ceux qui ne sont pas mourides, reste le centre névralgique autour duquel s'articulent tous les mouvements des pèlerins. Hommes, femmes enfants, adultes, vieillards où qu'ils se trouvent, empruntent la direction obligée de ce haut lieu de culte. Difficile de se frayer un passage pour le rallier.
Nous sommes le 17 Safar 1425.H, veille de l'événement pour lequel la ville est prise d'assaut par les fidèles. Il est 08H 00 et nous sommes chez SERIGNE SALIOU MBACKE, le Khalife des Mourides.
Pour cette année, il faut noter que les activités culturelles et religieuses que la demeure abritait ont connu une innovation majeure. Sur instruction du Maître des lieux, par ailleurs autorité suprême de la ville, la Daara Hizbut-Tarqiyyah, connue pour son expertise, a déployé de magnifiques pavillons tout au long du boulevard de la porte Ouest de la maison du khalife où se côtoieront pendant deux jours, lecture du Coran et Psalmodies des Qaçaïds.
Le ton est donné par un Kurel sélectif de fusion que composent les éléments des Daara Hizbut-Tarqiyyah de Ziguinchor, Fatick, et Diourbel. C'était à 8H 00
L'on a renoué avec la tradition qui veut que le poème "Ya Khaïra Daïfi ; "ôh toi meilleur hôte" soit entonné le premier avant tout autre poème. Il est important de souligner que Cheikh Ahmadou Bamba, l'auteur de tous ces poèmes élogieux, chantant les mérites du choix le meilleur , clamés haut et fort, a écrit ce Qacaïds dans des circonstance d'extrême difficultés.
Point n'est besoin de s'appesantir outre mesure sur les privations qu'il avait alors à endurer. L'avènement du mois de ramadan est venu s'ajouter aux épreuves déjà très ardues. Mais, paradoxalement cette situation a été vécue par le Cheikh comme un instant d'intense bonheur. Là où d'autres auraient vu une situation accablante, le Cheikh quant à lui, bénit les nouvelles difficultés qui se dressaient sur sa route. Il montra l'étendue de son bonheur en composant ce célébre " Ya Khaïra Daïfi " qui littéralement veut dire "Ôh toit meilleur hôte" . Sa joie était si intense que la fin de ce mois d'épreuves et de pénitences fut salué par un autre poème dont l'intitulé signifie. "Ôh toit ma joie ".